Névrome de Morton

 

C’est le Docteur Thomas Morton qui a décrit ce syndrome canalaire en 1876. Ce syndrome douloureux de l’avant-pied est très fréquent, avec une atteinte surtout féminine (80 % des cas).

Il s’agit d’une « irritation » du nerf plantaire médial entre les 2ème, 3ème ou 4ème métatarsiens, à la façon d’une atteinte du nerf par enclavement sous le ligament inter-métatarsien ( et donc compression du nerf).

Le diagnostic est clinique, le traitement d’abord médical si les symptômes sont récents, puis chirurgical en cas d’échec ou si le nerf est devenu volumineux ( névrome ).

 

Clinique

Le maître symptôme est la douleur parfois très importante. Elle siège typiquement entre les 3ème et 4ème orteils (75 %), plus rarement entre les 2ème et 3ème orteils.
Cette douleur, à type de décharge électrique, apparait au chaussage, surtout à bout étroit, à la fin du déroulé du pas, mais aussi lors de la marche prolongée ou en terrain irrégulier.
Le déchaussage, souvent impérieux, soulage le patient, ainsi que la mobilisation immédiate des orteils.
L’examen clinique fera le diagnostic dans les formes typiques en réveillant la douleur à l’occasion de diverses manœuvres. Il est habituel de retrouver une perte de sensibilité, voire une anesthésie, entre les orteils correspondants.

Examens

Les examens sont peu utiles dans les formes typiques où le diagnostic doit rester clinique.
La pratique de radiographies permet d’éliminer une pathologie associée.
En cas de doute ou d’intrication avec d’autres pathologies de l’avant-pied, il peut être utile de compléter le bilan par la pratique d’une échographie ou plus souvent d’une IRM.

 

Traitements

Le traitement est avant tout médical ; son indication repose sur l’importance de la gêne.
- La prescription de semelles (à condition qu'elles soient fines) grâce à la mise en décharge de la zone d’appui correspondante.
- L’infiltration d’un dérivé corticoïde dans l’espace douloureux apporte un soulagement inconstant mais qui peut être durable : elle mérite donc d’être tentée

En cas d’échec des traitements médicaux, une intervention chirurgicale peut être proposée.
C’est une intervention bénigne (cicatrice de 15 mm), qui consiste surtout en l’ablation du névrome, en emportant la bifurcation du nerf plantaire ; ceci entraine une anesthésie complète de l’espace correspondant n’occasionnant aucune gêne. Cette intervention est préférable à la simple libération du nerf trop souvent source d’échecs.
Les suites opératoires sont généralement simples, l’appui est autorisé dans une chaussure confortable ou avec appui talonnier. L’arrêt de travail est de 15 jours à 1 mois. La reprise d’une activité sportive peut être envisagée au bout d’un mois.